On plante des arbres, des haies et des façades végétales pour « dépolluer » la ville. L’idée est séduisante, mais la réalité est plus nuancée : selon l’endroit où on le place, le végétal peut aider… ou piéger la pollution là où l’on respire.
01 — Ce que la végétation fait vraiment
Les feuilles retiennent une partie des particules fines qui se déposent à leur surface, puis la pluie les lessive vers le sol. Certaines espèces captent aussi des polluants gazeux. Ces effets existent, mais ils restent modestes à l’échelle d’une rue : la végétation ne remplace pas la réduction du trafic.
Son vrai point fort est ailleurs : l’ombre et la fraîcheur. En évaporant de l’eau, les plantes rafraîchissent l’air qui les entoure, et leur feuillage protège du rayonnement direct.
02 — Là où elle peut gêner
Dans une rue étroite bordée d’immeubles, une rangée d’arbres très denses peut former un couvercle : l’air circule moins bien et les gaz d’échappement restent piégés au niveau des piétons. C’est l’effet inverse de celui recherché.
« Une plante au mauvais endroit, c’est de l’ombre en moins et de la pollution en plus. »
03 — Bien placer le végétal
Les haies basses et denses, plantées entre la circulation et les zones d’assise, font écran sans bloquer la ventilation. En hauteur, mieux vaut un feuillage léger qui laisse passer l’air. Et dans tous les cas, il faut de l’eau : une plante qui souffre de la sécheresse ne rafraîchit plus.

04 — Et sous un abri Fotos ?
Fotos a été pensé dans cette logique. Les grimpantes poussent dans un bac d’un mètre cube de terre et montent le long d’un filet en filets de pêche recyclés. Un réservoir de 120 litres récupère l’eau de pluie et arrose les racines par capillarité, sans raccordement au réseau.
Résultat : une ombre qui s’épaissit chaque saison, un feuillage qui laisse circuler l’air, et un abri que l’on peut déplacer si l’usage de la place change.

Paul Saraceno
Fondateur d’Abri Toi. Il conçoit à Lyon des abris qui rafraîchissent les espaces publics.



