Sortir de chez soi : une étude concrète l’espace public

Sortir de chez soi : une étude concrète l’espace public 

Sortir de chez soi n'est pas un geste anodin. Une étude récente met en lumière les défis croissants auxquels font face les seniors dans l'espace public. Les résultats révèlent un décalage entre les attentes des usagers et les aménagements existants, soulignant l'importance d'un mobilier urbain adapté et accueillant. Dans un contexte de réchauffement climatique, la nécessité de dispositifs de protection contre la chaleur devient cruciale. Cette étude appelle à repenser le mobilier urbain pour qu'il réponde réellement aux besoins des habitants, en plaçant l'usage, le confort et le bon sens au cœur du projet urbain.

À travers l’étude « Sortir de chez soi : les seniors prennent la parole », publiée en fin 2024 L’Ameublement Français met en lumière un sujet central, souvent sous-estimé : la difficulté, pour une part croissante de la population, à vivre pleinement l’espace public
Derrière les chiffres et les verbatims, un constat s’impose : sortir de chez soi n’est pas un geste anodin. C’est une expérience, conditionnée par la qualité des aménagements, leur lisibilité, leur confort et leur capacité à s’adapter aux usages réels. 

Cette étude a également été un déclencheur personnel. Elle m’a fait prendre conscience à quel point l’espace public est en perpétuelle évolution, et surtout combien il est devenu essentiel d’innover dans le domaine du mobilier urbain. C’est de cette réflexion qu’est né le projet Abri Toi, avec l’envie de concevoir des solutions avec du sens et réellement adaptées aux usages. 

Sortir de chez soi : une étude concrète l’espace public

« Une large partie des personnes interrogées estime que le mobilier urbain est insuffisant, mal implanté ou mal conçu. « 


L’espace public, un lieu encore trop peu hospitalier 

L’étude montre un décalage persistant entre les attentes des usagers (seniors comme moins de 60 ans) et les aménagements existants. Une large partie des personnes interrogées estime que le mobilier urbain est insuffisant, mal implanté ou mal conçu. 

Ce constat ne traduit pas un rejet de l’espace public, bien au contraire. Il révèle une attente forte : celle de lieux plus accueillants, plus confortables, capables de soutenir la mobilité, la pause, la rencontre. Autrement dit, des espaces qui donnent envie de sortir, de rester, de s’approprier la ville. 


Le mobilier urbain comme déclencheur d’usages 

L’un des apports majeurs de la rythmanalyse est de déplacer le regard : il ne s’agit plus seulement de saL’un des enseignements majeurs de l’étude est la place centrale du mobilier de repos : bancs, assises, tables, zones abritées. Ces éléments apparaissent à la fois comme parmi les plus utiles… et parmi les moins satisfaisants  

Ce paradoxe est révélateur. Il ne s’agit pas d’un manque d’objets, mais d’un manque de justesse : 

  • Une ergonomie parfois inadaptée,
  • Des implantations peu lisibles, 
  • Un mobilier rarement abrité, 
  • Des réponses insuffisantes face aux conditions climatiques. 

Le mobilier urbain n’est pas neutre : il conditionne directement les usages. Une assise inconfortable, mal orientée ou exposée en plein soleil devient un obstacle. À l’inverse, un mobilier bien pensé devient un prétexte à la pause, à l’échange, à la convivialité


« Montée en importance des dispositifs permettant de se protéger du soleil et des fortes chaleurs »


Vieillissement de la population : un révélateur, pas une contrainte  

Dans un contexte de réchauffement climatique, la lecture par les rythmes prend une dimension nouvelle. Les rythmes naturels — et notamment thermiques — influencent directement la possibilité d’usage des espaces publics. 

Lorsque la chaleur devient excessive, certains rythmes se brisent : 

  • Les temps de pause se raccourcissent, 
  • Les usages optionnels disparaissent, 
  • Certains publics désertent l’espace. 

À l’inverse, la présence d’ombre, de fraîcheur ou de protection permet de maintenir des rythmes d’usage plus continus. Le confort climatique devient alors un régulateur de rythmes, capable de prolonger ou d’interrompre l’appropriation d’un lieu. 

Dans cette perspective, l’ombre, l’abri ou le rafraîchissement ne sont pas de simples équipements. Ils participent directement à la structuration temporelle de l’espace urbain. 

L’enjeu climatique, un accélérateur de réflexion 

L’étude met également en évidence la montée en importance des dispositifs permettant de se protéger du soleil et des fortes chaleurs, en particulier dans les déplacements à pied ou en transports en commun. 

À l’heure du réchauffement climatique, l’ombrage, la fraîcheur et le confort d’été ne peuvent plus être considérés comme des options. Ils deviennent des fonctions essentielles du mobilier urbain. Pourtant, les systèmes pour s’abriter figurent encore parmi les équipements jugés insuffisants ou mal conçus. 

Ce décalage ouvre un champ d’innovation considérable. 

Innover, ce n’est pas ajouter, c’est mieux concevoir  

L’un des messages forts de cette étude est qu’il ne s’agit pas nécessairement de multiplier les objets dans l’espace public, mais de repenser leur conception, leur implantation et leur usage. 

Innover dans le mobilier urbain, ce n’est pas complexifier : 

  • C’est concevoir des objets lisibles, 
  • Adaptés aux temporalités d’usage,
  • Capables de répondre à plusieurs besoins à la fois,
  • Durables, réparables, sobres. 

L’étude invite clairement les industriels, concepteurs et collectivités à mieux dialoguer, afin de rapprocher les choix d’aménagement des usages réels des habitants  

Sortir de chez soi -resitution … 

Vers un mobilier urbain plus juste 

En filigrane, « Sortir de chez soi » pose une question simple et essentielle : 
à quoi sert réellement le mobilier urbain ? 

S’il ne permet pas de s’arrêter, de se reposer, de se rencontrer, de se protéger, alors il passe à côté de sa mission première. 
Cette étude n’est pas seulement un état des lieux ; c’est un appel à concevoir un espace public plus attentif, plus humain, plus inclusif. 

Et si l’innovation, aujourd’hui, consistait simplement à remettre l’usage, le confort et le bon sens au cœur du projet urbain ? 

SOURCES

Sortir de chez soi : les seniors prennent la parole, ADEME, 2024 

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